Dans cette fiche
- Pourquoi l’assurance vie reste le premier placement des familles en 2026
- Un placement plus qu’une assurance, et ce que l’enveloppe contient vraiment
- Pourquoi le contrat reste à 17,2 % de prélèvements sociaux en 2026
- Le cap des 8 ans, ou comment compter l’impôt sur un retrait d’assurance vie
- 152 500 € par bénéficiaire, la ligne qui change la transmission aux enfants
- Les trois points à vérifier sur votre contrat avant le prochain versement
- Questions fréquentes
- À lire aussi
36,5 milliards d’euros. C’est ce que les Français ont versé sur leurs contrats d’assurance vie au premier semestre 2026, une fois les retraits déduits. France Assureurs n’avait pas vu une collecte nette pareille depuis 2006. Avant de suivre le mouvement, comptez deux choses : ce que le contrat vous coûtera le jour où vous retirerez de l’argent, et ce qu’il laissera à vos enfants. Le rendement affiché sur la plaquette ne vous dit ni l’un ni l’autre.
Pourquoi l’assurance vie reste le premier placement des familles en 2026
Fin juin 2026, l’encours total atteignait 2 162 milliards d’euros, en hausse de 6 % sur un an, selon les chiffres publiés par France Assureurs en juillet. Le Livret A rapporte moins, alors l’argent part ailleurs. Rien de mystérieux.
Un encours record ne dit pas pour autant si le contrat convient à votre foyer. Dans un budget familial, l’assurance vie sert à trois choses : mettre de côté pour plus de huit ans, compléter un revenu plus tard et transmettre. Si cet argent doit payer la voiture que vous changerez dans dix-huit mois, je ne le placerais pas là. Il ne serait pas bloqué, mais avant huit ans la fiscalité ne vous fait aucun cadeau.

Avant de signer quoi que ce soit, prenez une feuille et écrivez à quoi servira cet argent, et à quelle date. L’épargne de précaution, celle de la chaudière qui lâche en janvier, reste sur un livret. Le reste peut aller sur le contrat.
Un placement plus qu’une assurance, et ce que l’enveloppe contient vraiment
Le nom induit en erreur. Une assurance vie ne vous couvre pas comme une prévoyance. C’est une enveloppe d’épargne : vous y versez quand vous voulez, en une fois ou par virement programmé, et l’argent est investi sur les supports que vous choisissez.
Deux familles de supports se côtoient dans le même contrat. D’un côté le fonds en euros, la partie prudente. De l’autre les unités de compte, c’est-à-dire des actions, de l’immobilier via des SCPI ou des obligations. Celles-ci n’ont aucune garantie : elles montent et elles baissent.
L’argent reste disponible. Vous pouvez faire un retrait partiel à tout moment, ce que les assureurs appellent un « rachat ». L’âge du contrat change la façon dont ce retrait est taxé, pas votre droit de récupérer votre argent.
Sur une proposition de contrat, je regarde d’abord les frais : frais sur versement, frais de gestion annuels, frais d’arbitrage. Un contrat « sans frais d’entrée » peut se rattraper sur la gestion, chaque année, pendant vingt ans. Zéro frais, très bien, mais zéro frais sur quoi ?
Pourquoi le contrat reste à 17,2 % de prélèvements sociaux en 2026
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, adoptée fin décembre 2025, a relevé la CSG de 9,2 % à 10,6 % sur une partie des revenus du capital. Sur les placements concernés, les prélèvements sociaux passent donc de 17,2 % à 18,6 %, et la flat tax de 30 % à 31,4 %.
Le texte adopté a exclu l’assurance vie de cette hausse. Ses gains restent soumis à 17,2 % de prélèvements sociaux, dont 9,2 % de CSG. Le PEA passe à 18,6 %. Le PER aussi, comme le rappelle la page assurance-vie de Toniram.
1,4 point d’écart, ça paraît peu. Sur 10 000 € de gains, cela fait 140 € de différence. C’est le genre de somme qu’on ne remarque pas sur un relevé et qu’on paie pourtant à chaque retrait.
Ce n’est pas une raison de tout basculer sur un contrat. En revanche, c’est une bonne raison de ne pas fermer celui que vous avez déjà, surtout s’il a dépassé huit ans.
Le saviez-vous ?
Le taux de 17,2 % n’a rien de nouveau. C’est l’ancien taux des prélèvements sociaux, que l’assurance vie conserve parce que la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 l’a exclue de la hausse de CSG. Même placement, mêmes gains : sur un PEA, la note passe à 18,6 %.
Source : La finance pour tous, article du 20 janvier 2026 sur les placements touchés par la hausse de la CSG.
Le cap des 8 ans, ou comment compter l’impôt sur un retrait d’assurance vie
Beaucoup ratent ce point : quand vous retirez de l’argent, l’impôt ne porte pas sur la somme retirée. Il porte seulement sur la part de gains qu’elle contient.
Prenons un contrat de 40 000 € sur lequel vous avez versé 30 000 €. Les gains font 10 000 €, soit un quart du contrat. Si vous retirez 8 000 €, la part imposable est de 2 000 €. Les 6 000 € restants, c’est votre propre argent qui vous revient.
Avant 8 ans, ces 2 000 € subissent la flat tax de 30 %, soit 12,8 % d’impôt plus 17,2 % de prélèvements sociaux. Facture : 600 €.
Après 8 ans, les gains bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule, ou 9 200 € pour un couple marié ou pacsé. Vos 2 000 € restent sous ce plafond, donc aucun impôt sur le revenu. Il ne reste que les 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 344 €. Pour le même retrait, vous économisez 256 €.
Au-delà de l’abattement, les gains sont imposés à 7,5 % tant que le total de vos versements, tous contrats confondus, ne dépasse pas 150 000 €. Pour la part au-dessus de ce seuil, le taux monte à 12,8 %.
Si vous avez un gros retrait à faire après huit ans, coupez-le en deux : une partie en décembre, l’autre en janvier. Cela fait deux années civiles, donc deux abattements. À l’inverse, l’erreur classique consiste à fermer un vieux contrat pour en ouvrir un « plus moderne » : le compteur des huit ans repart de zéro, et je ne le ferais jamais sans avoir chiffré ce que ça coûte.
L’assurance vie en quatre chiffres (2026)
2 162 Md€
d’encours fin juin 2026, en hausse de 6 % sur un an (France Assureurs)
17,2 %
de prélèvements sociaux maintenus en 2026, contre 18,6 % sur un PEA
4 600 € / 9 200 €
d’abattement annuel sur les gains après 8 ans (personne seule / couple)
152 500 €
exonérés par bénéficiaire, sur les primes versées avant 70 ans
152 500 € par bénéficiaire, la ligne qui change la transmission aux enfants
Au décès, la part du contrat issue des primes versées avant 70 ans ne suit pas les règles ordinaires de la succession. Chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 €. Au-delà, le surplus est taxé à un taux forfaitaire.
J’insiste sur « chaque » bénéficiaire. Avec deux enfants désignés, jusqu’à 305 000 € de capital issu de ces primes leur parviennent sans taxe. Pour un foyer qui veut aider ses enfants, aucune autre ligne d’un relevé d’épargne ne pèse autant.
À partir de 70 ans, les règles changent. Les primes versées après cet âge ne bénéficient que d’un abattement de 30 500 €, à partager entre tous les bénéficiaires. Au-delà, ce sont les droits de succession ordinaires qui s’appliquent.

Pour un parent de 66 ans qui se demande s’il vaut mieux verser maintenant ou « plus tard », la date compte plus que le support choisi. Aux yeux du fisc, un versement à 69 ans et un versement à 71 ans ne relèvent pas du tout du même régime.
Il reste la clause bénéficiaire, trop souvent remplie à la va-vite. Une formule générale du type « mes enfants, à défaut mes héritiers » peut suffire. Dans une famille recomposée, ou si vous voulez désigner quelqu’un en particulier, écrivez-la vous-même avec les noms et les dates de naissance. Pour une succession compliquée, un rendez-vous chez le notaire coûte moins cher qu’une clause mal rédigée.
Les trois points à vérifier sur votre contrat avant le prochain versement
D’abord, la date d’ouverture. Elle figure sur les conditions particulières et sur le relevé annuel. Ajoutez huit ans : à partir de cette date, un retrait coûte nettement moins cher.
Ensuite, le total de vos versements, tous contrats confondus. En dessous de 150 000 €, vos gains sont imposés à 7,5 % après huit ans, une fois l’abattement utilisé. Si vous approchez du seuil, regardez qui verse sur quel contrat dans le couple.
Enfin, votre âge au moment de chaque versement. Avant 70 ans, chaque euro versé compte dans l’abattement de 152 500 € par bénéficiaire. Après, il ne reste que 30 500 € pour tout le monde.
Avec votre dernier relevé annuel sous les yeux, ces trois vérifications prennent dix minutes. Faites-les avant le prochain virement programmé, pas le jour où vous aurez besoin de retirer de l’argent.
Questions fréquentes
L’assurance vie est-elle touchée par la hausse de la CSG en 2026 ?
Non. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 l’a exclue de la hausse. Ses gains restent soumis à 17,2 % de prélèvements sociaux, contre 18,6 % pour un PEA.
Peut-on retirer de l’argent d’une assurance vie avant 8 ans ?
Oui, à tout moment. Seule la part de gains contenue dans le retrait est taxée, à 30 % avant huit ans (12,8 % d’impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux).
Quel abattement s’applique sur un retrait après 8 ans ?
4 600 € de gains par an pour une personne seule, 9 200 € pour un couple marié ou pacsé. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus.
Combien peut-on transmettre à ses enfants sans impôt avec une assurance vie ?
152 500 € par bénéficiaire pour la part issue des primes versées avant 70 ans. Pour les primes versées après 70 ans, l’abattement tombe à 30 500 €, à partager entre tous les bénéficiaires.
Sources
France Assureurs, chiffres de l’assurance vie à fin juin 2026, repris par Meilleurtaux Placement (juillet 2026).
La finance pour tous, « CSG : quels sont les placements concernés par la hausse », 20 janvier 2026.
Generali, synthèse de la fiscalité de l’assurance vie au décès (édition juillet 2026).
AGPM, repères fiscalité des revenus de l’assurance vie (rachats après 8 ans, seuil de 150 000 €).
Toniram, page « Assurance vie », consultée le 6 octobre 2026.



