Islam en Inde : il est temps d’intégrer les madrasas dans le pays

Outre l’éducation moderne, le gouvernement indien assure qu’il doit orienter l’état d’esprit des élèves afin de l’adapter aux réalités sociales et les sensibiliser aux nouveaux paradigmes socioculturels. Les madrasas ou école qui enseignent le coran et les règles de l’islam en Inde, devraient-elles être fermées et les convertir en des écoles ordinaires comme ont proposé certains États ? Ou bien si les érudits et éducateurs musulmans préparent une feuille de route pour initier l’éducation moderne dans les séminaires islamiques à travers le pays ?

La fermeture des madrasas en Inde

Le gouvernement de l’Assam a décidé de fermer les 740 madrasas qui se trouvent dans différents états et de les convertir en des établissements d’enseignement général. L’éducation de la madrasa a été introduite dans le programme d’enseignement de l’Assam en 1934 et le Conseil d’État de la madrasa a également été créé à l’époque. Si nous examinons l’histoire de l’éducation musulmane, nous constatons que les madrasas font partie du système d’apprentissage islamique depuis très longtemps. Elles faisaient généralement partie des mosquées. Ces mosquées sont devenues des points focaux sociaux pour des communautés en croissance ; après les horaires de prière en Inde, elles se transforment en des écoles d’apprentissage du Coran, d’instruction de base sur les rituels musulmans et d’instruction linguistique en ourdou, avec des aménagements pour l’éducation et les besoins sociaux. Dans une grande partie de l’histoire islamique, les madrasas ont été la principale source d’apprentissage religieux et scientifique, tout comme les écoles religieuses et les universités en Europe. Ce n’est que récemment que l’éducation dans ces séminaires s’est ossifiée et qu’il y a eu des appels à des réformes.

Le savoir et la connaissance dans le Coran

Les réformistes de l’éducation de la madrasa insistent sur le fait que la connaissance en Islam est un tout, et que la division entre la connaissance religieuse et mondaine, n’a aucune sanction dans le Coran. Le Coran est cité comme exhortant à plusieurs reprises les croyants à méditer sur les mystères de la création comme signes de la puissance et de la miséricorde de Dieu. Dans environ 600 versets, Allah demande directement aux croyants de réfléchir, de méditer et d’analyser la magnificence de sa création dans la nature, les plantes, les étoiles et le système solaire, et loin de conduire au doute et à l’incrédulité, à l’investigation scientifique afin de pouvoir approfondir sa foi en islam.
Mais les madrasas ne sont pas à l’abri du changement. Beaucoup d’entre eux tentent de forger une identité musulmane compatible avec la culture moderne et résistante aux flatteries de la radicalisation. De même, peu de oulémas pourraient prétendre être entièrement satisfaits des madrasas telles qu’elles existent aujourd’hui. En effet, les oulémas de premier plan sont eux-mêmes conscients de la nécessité de changer le système.