Islam au Pakistan : des chrétiens pakistanais arrêtés pour avoir promu le christianisme

Un défenseur des droits nie l’affirmation d’un étudiant musulman selon laquelle deux chrétiens auraient été arrêtés dernièrement pour avoir blasphémé en insultant l’islam. Selon les militants qui demandent la libération de deux chrétiens pakistanais, ces derniers ont été récemment arrêtés pour avoir prêché l’Évangile à de jeunes musulmans à Lahore, les invitant à se convertir au christianisme.

Deux pakistanais arrêtés

L’étudiant musulman Haroon Ahmad a déposé un premier rapport d’information le 13 février dernier contre Haroon Masih et Salamat Masih, les accusant d’insulter l’islam.
« Nous étions dans le parc de la ville après la prière selon les horaires de prière au Pakistan, quand Haroon m’a donné un livre intitulé L’eau de la vie. Tous deux ont délibérément commencé à prêcher la religion chrétienne. Pendant ce temps, ils ont commencé le blasphème devant mes trois amis et d’autres personnes », a déclaré Ahmad.

Avant d’ajouter qu’« Il a dit que le Prophète Muhammad est égaré et que la Bible est un livre protégé alors que le Coran ne l’est pas ». Les accusés terrorisent le pays. Le groupe organisé qui a publié et imprimé ce livre afin de nuire à l’islam au Pakistan doit être arrêté. Toutefois, le journaliste et défenseur des droits humains Marvi Sirmed a nié l’affirmation d’Ahmad. « Haroon et Salamat ont dit à Ahmed qu’ils ne prêchaient à personne et lisaient tranquillement leur propre livre sacré. Les musulmans deviennent de plus en plus agressifs », a-t-il tweeté.

En outre, le journaliste a assuré que le gouvernement du Pendjab doit agir de manière raisonnable afin de mettre en place un changement et apporter tout son soutien à la communauté minoritaire la plus faible dans le pays tout en prenant tous les arrangements possibles pour prévenir la violence contre les chrétiens de Lahore.

La liberté religieuse au Pakistan

Haroon Masih a obtenu une caution provisoire, mais le poste de police de Model Town a nié savoir où se trouvait Salamat Masih. Leur audience est prévue pour le 24 février.

Anjum James Paul, président de l’Association des enseignants des minorités pakistanaises, a visité le poste de police de Model Town le 21 février et a assuré que « l’article 20 de la constitution pakistanaise garantit à chaque citoyen la liberté de professer, de pratiquer et de propager sa religion. C’est une discrimination pour arrêter la propagation d’une religion spécifique. Nous revendiquons notre droit à la liberté religieuse en tant que citoyens égaux ».
Le blasphème est une question très sensible dans le Pakistan qui est profondément conservateur où de simples allégations peuvent conduire à des exécutions extrajudiciaires et à des violences de foule.

Les groupes catholiques et les militants des droits de l’homme demandent depuis longtemps l’abrogation des lois draconiennes sur le blasphème, arguant qu’elles sont utilisées pour victimiser des minorités religieuses ou régler des comptes personnels.

Le mois dernier, l’infirmière chrétienne Tabitha Nazir Gill a été giflée et déshabillée pour blasphème présumé dans un hôpital de Karachi où elle avait travaillé pendant neuf ans. Gill, une chanteuse de gospel, vit maintenant cachée avec sa famille.