Coronavirus : les lieux de culte face à de nouvelles restrictions en Europe

Si les cultes religieux ont fait preuve de responsabilité et de pragmatisme durant le confinement, leur façon de gérer la crise sanitaire de covid-19 n’a pour autant été identique, ni même constante et univoque au fil des mois. Au-delà des éventualités propres à toute situation d’urgence, divers facteurs permettent ainsi d’expliquer ces différences : leur rapport aux outils digitaux, leur capacité à puiser dans la tradition afin de justifier les restrictions et à adapter le rite aux dispositions sanitaires, leurs rapports avec la République et l’Etat, et des facteurs démographiques et sociologiques.
Il est à noter que ‘la réussite du confinement religieux’ doit beaucoup au pragmatisme dont les responsables des principaux cultes religieux en France ont su faire preuve tout au long de la crise sanitaire, en faisant preuve de la souplesse, en apportant des réponses concrètes à la multitude de nouveaux problèmes qui se posaient chaque jour, tout en veillant à ne pas s’écarter de leur obligation de neutralité.
L’interdiction des cérémonies dans les lieux de culte (à savoir les salles de prière, les mosquées, les églises, etc.), cependant, a changé la donne pour les fidèles. Chez les musulmans fidèles, le rite tient une place secondaire par rapport au respect des 5 piliers de l’islam, dont aucun ne semble en contradiction frontale avec d’éventuelles dispositions sanitaires.

Coronavirus : un ramadan sans précédent

La tradition musulmane fournit des arguments au profit du respect des restrictions, que les dirigeants du culte ont su mettre en avant lors de la crise. Généralement, il n’est pas important de se trouver dans une salle de prière ou une mosquée pour effectuer les 5 prières quotidiennes (à savoir al sobh, al dohr, el asr, al maghrib, al icha).
Le jeûne du mois béni de ramadan peut ainsi s’accomplir dans des conditions sanitaires adéquates, à condition néanmoins de limiter en nombre d’invités les traditionnels repas familiaux. Les malades et les femmes enceintes sont exemptés, signe d’une prise en compte de la nécessité de protéger la santé et la vie des fidèles.
Le ramadan 2021 sera donc différent et un peu particulier avec la pandémie mondiale de covid-19. Selon Mohamed Moussaoui, le président du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM), la communauté ‘ne remet pas en cause la fermeture des lieux de culte’.
“Cela ne change rien en nous, explique Dalil Boubakeur, le recteur de la Grande mosquée de Paris, puisque nous avions prévu de fermer les lieux de culte (mosquées, salles de prière, etc.) jusqu’au 15 juillet prochain. La communauté musulmane est alors préparée aux adaptations des rituels”.
A l’instar de plusieurs pays musulmans, comme le Maroc, l’Algérie ou encore l’Arabie saoudite, les rituels publics de ce mois de jeûne, d’aumône et de prière seront ainsi profondément modifiés. La date du ramadan 2021 est estimée au 14 avril prochain.